L'éolien et le réchauffement climatique

L’éolien et le réchauffement de la Terre

 

 

Résumé : les éoliennes dépendent du vent et donc il faut des centrales électriques produisant des gaz à effet de serre pour les périodes sans vent ou à vents faibles, contrairement à ce qu’affirment les industriels de l’éolien et leurs soutiens qui prétendent qu'il y a toujours du vent en France

 

 

Ce que disent les industriels de l’éolien :

 

Nous citerons deux documents supposés informer ( ?) les élus.

 

Guide « L’élu et l’éolien, l’essentiel de ce que les collectivités territoriales doivent savoir » :

 

L’idée selon laquelle l’installation d’un MW éolien nécessite l’installation d’un MW thermique est fausse.

Le caractère « variable » est fortement atténué par :

- le foisonnement de fonctionnement des parcs répartis sur le territoire national soumis à des régimes de vents différents et complémentaires (et demain à l’échelle continentale avec le développement des interconnexions) ;

- la prévision du productible éolien : il est aujourd’hui possible de prévoir finement les niveaux de vent.

 Pour venir en appui de l’éolien, le gestionnaire du réseau dispose de tous les autres moyens de production. En cas de baisse soudaine de vent, la première réserve vient de l’étranger, les réseaux électriques étant interconnectés au niveau européen, puis des moyens de production rapide (hydraulique d’abord puis thermique à flamme).

 

Dans ce guide on reconnait que « les centrales thermiques fossiles doivent être maintenues en état de fonctionnement »

 

Guide : « Éolien : 30 réponses aux questions les plus fréquemment adressées aux collectivités locales »

 

Par ailleurs la France dispose de 3 régimes de vent complémentaires (océanique, continental et méditerranéen). Le RTE précise que « la décorrélation des vitesses de vent est quasi-totale entre la zone Méditerranée et la zone Manche ». On parle ainsi de foisonnement, les différents régimes  climatiques permettent d’avoir une production d’énergie éolienne plus régulière sur l’ensemble du territoire.

Source : Bilan prévisionnel de l’équilibre offre demande d’électricité en France, édition 2007.

 

On voit donc deux affirmations :

 

1) Il y toujours du vent en France ; c’est le «foisonnement» grâce aux vents complémentaires « décorrélés » d’une région à l’autre.  Vérifions cette allégation.

 

2) Quand il n’y a pas de vent RTE (Réseau de Transport d’Electricité, filiale d’EdF) dispose d’autres moyens. Nous allons étudier les étudier.

Quelle est la réalité ?

 

1) Foisonnement et décorrélation : il y a toujours du vent en France ?

De nombreuses études démontrent l’inverse, que ce soit en France ou ailleurs. Mais puisqu’ils s’appuient sur les dires de RTE, nous nous contenterons des chiffres de RTE.

 

RTE Panorama des énergies renouvelables 2015 :

 

La production éolienne peut être stable au cours d’une journée ou connaître une grande variabilité.

La production injectée peut varier très fortement, mais aussi rapidement. Par exemple la puissance instantanée a atteint un maximum de 8 266 MW le 29 mars, et un minimum de 21 MW le 25 juin. Par ailleurs, le 28 janvier la puissance injectée a connu une hausse de plus 5 500 MW en un peu plus de 16h, puis une diminution de 3 000 MW en 8h.

 

RTE explique clairement que le 25 juin, dans toute la France, la puissance maximale cumulée de toutes les éoliennes était de 21 MW, soit celle de sept éoliennes de 3MW !

Où est le « foisonnement » vanté par les industriels de l’éolien ? Ce jour-là il a bien fallu « 1 MW thermique pour 1 MW éolien ».

 

Dans le schéma illustrant cette phrase, on voit bien que dans une journée, la production varie de 1600 MW à 7100 MW ; où est la « décorrélation ? »

 

 

 

 

 

 

On y lit aussi :

 

 

Ce graphique est censé illustrer la décorrélation entre les régions ; on peut supposer que RTE a pris comme exemple la journée la plus décorrélée. On voit que, malgré un sursaut de vent en « Grand-Est », la production passe de 1700 à 300 MW.  

 

RTE nous démontre clairement que le  vent est très aléatoire, qu’il n’y a pas de « foisonnement », ni de « décorrélation ». Il y a des journées sans vent en France ! Ce que chacun savait, il suffit de regarder les bulletins météo.

 

2) Il faut hélas des énergies polluantes pour compenser les nombreuses périodes sans vent

 

Rappelons que les éoliennes ne produisent en moyenne en France que 24% de l’électricité qu’elles produiraient si elles fonctionnaient en continu ; ce taux est de 19% en Bourgogne(source RTE) ! En simplifiant, il faut d’autres sources d’électricité pour 80% du temps.

Lesquelles ?

 

Quelles sont les solutions proposées par les industriels de l’éolien et leurs soutiens ?

 

a) L’étranger

« La première réserve vient de l’étranger, les réseaux électriques étant interconnectés au niveau européen ».

Cela vient très majoritairement des énergies fossiles (gaz, fuel, charbon), car quand il n’y pas de vent en France, il n’y en pas ailleurs (cf étude de JM Jancovici) et le nucléaire n’est passez réactif. La France va acheter du courant à l’Allemagne, la Suisse, la Belgique etc. Cette énergie va produire des gaz à effet de serre (CO2) qui vont contribuer au réchauffement de la Terre.

 

b) L’hydraulique.

Etrange idée : si on met en route les barrages quand il n’y a pas de vent, cela veut dire qu’on arrête les barrages quand il y du vent ; cela veut dire qu’on se prive volontairement d’une énergie quasi-gratuite pour payer les industriels de l’éolien très cher avec nos factures (voir « Quelques précisions sur la CSPE). Il vaut mieux utiliser les barrages en période de pointe de consommation, et non quand il n’y a pas de vent.

 

c) « Le thermique à flamme »

Derrière cette expression anodine se cache la production d’électricité obtenue quasi-exclusivement avec du charbon, du fuel ou du gaz. Ce qui produit des gaz à effet de serre (CO2) qui vont contribuer au réchauffement de la Terre.

 

La conclusion est que les industriels de l’éolien vont gagner beaucoup d’agent avec le prix de rachat par EdF qui est très élevé, et qu’il faut conserver ou créer des centrales polluantes pour les 80% du temps où il n’y a pas assez de vent.



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